The making of a third culture kid Part 2 (FR)

4 portraits , 1 concept…

 Victor de Wulf.

13062611_10206545848506844_1159190317_o ‘’ je me sens plus européen’’

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Pour Victor de Wulf étudiant de 2e année en génie civil aucun pays ne sera cité, pas même la Belgique comme semble l’indiquer son passeport couleur mauve. ‘’Je n’y ai jamais passé plus de 2 semaines depuis le jour où ma famille y a levé pied’’ c’est-à-dire  1997. La Belgique est donc pour Victor comme beaucoup de third culture kid une passeport country, dans le sens que toute possible affiliation s’arrête net au passeport. Victor lui-même le confirmera par la suite ‘’ quand les gens me demande d’où je viens, je ne sais jamais quoi leur répondre alors je leur dis belge, parce qu’après tout c’est ce qui est indiqué sur mon passeport. Mais je ne me considère pas belge, je me sens complètement alien a cette culture, je ne connais pas les communes, ni les politiques et autres’’. ‘’Je serais plus à même de parler de l’Angleterre et des pays bas que la Belgique’’ finit-il par me dire.

Pourtant ses faits ne sautent pas forcement aux yeux, grand blond aux yeux bleu, parlant couramment français, anglais et  néerlandais rien ne dit que Victor n’appartienne en fait  à aucune de ses catégories à part peut-être une non maîtrise de l’argot. Des petits détails futiles que personne ne chercherait à développer. Victor fait donc partie de ce qu’on appelle un ‘hidden migrant’ (migrant caché), en répondant aux critères physique de l’ethnie majoritaire, sa différence est donc insoupçonnable. ‘’J’ai été habitué à bouger tous les 5 ans me dit-il du fait du travail de mon père qui travaille dans l’énergie, ils sont au Maroc actuellement’’. A la question where is home ? Il me répondra après une longue hésitation sur une petite touche sentimentale ‘’ ma maison est là où se trouve ma famille’’. Des propos que beaucoup de personne vivant cette situation diront à coup sûr. Car à défaut d’avoir un pays, une maison fixe ce qui implique des amis d’enfance, voisins et souvenir auquel se rattacher, la famille est ce qu’il y’a de plus stable. Dans le sens que bien que toujours en mouvement, elle transporte la chaleur du foyer et de façon plus rationnelle par ‘maison’ la société implique souvent les parents. Si vous demandez à un étudiant international s’il compte rentrer chez lui pour les fêtes, implicitement vous incluez dans ce cheminement papa maman et non Lana et Cathy des amis lointains. Les aptitudes aux langues de Victor m’ont sur le coup pas mal impressionnés, en plus d’être le fruit d’un travail minutieux ‘’ a table on parlait deux langues différentes, ma mère me parlait français et mon père néerlandais. Pas vraiment le genre de diner de famille traditionnelle vous me direz mais c’est dans cette culture d’expat’ que Victor a grandi et celle qui l’a le plus imprégné avec le réseau d’entraide pour accueillir les nouveaux arrivants.

13054416_10206543205600773_432487585_o‘’ le passage du système français au système anglais n’a pas été des plus facile, les enfants peuvent être vraiment méchant’’

La plupart du temps, en entendant le récit de quelqu’un qui a beaucoup voyager, on tend à croire que ça devient plus facile au fil du temps, ce qui n’est pas entièrement faux, mais le choc culturel fait malheureusement aussi partie de l’aventure, ce qui rappelle encore une fois à tel point la notion de culture et territoires sont imbriques. Victor l’évoquera d’ailleurs plus tard ‘ mon passage du système français au système anglais n’a pas des plus facile, je ne maîtrisais pas parfaitement l’anglais ce qui pouvait parfois éveiller la moquerie, les enfants peuvent être vraiment méchant’’.

Mais comme dit le proverbe ‘’ No pain, no Gain’’ tout ceci n’a pas empêché Victor d’étudier dans un lycée international a la Haye, passer le bac international et venir étudier en Angleterre, pourquoi parce que l’anglais au jour d’aujourd’hui est la langue dans laquelle il se sent le plus à même d’étudier. Etudiant en génie civil, il espère pouvoir monter sa propre compagnie plus tard.

A la question ‘’ou te verrais- tu dans un 5 ans ?’’ Il répond ‘’ chine (un peu hasardeux ma fois), Amérique latine (nouveaux challenges), ou peut être Londres mais avec un boulot qui me permettrait de voyager assez souvent, je n’arriverais pas visualiser ma vie sans bouger’’.

Lisa Skeppner.

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On est plus aux temps de la monarchie, où  la princesse une fois  arrivée dans une nouvelle Cours se voit forcer de renoncer à ses traditions et autre pour adopter la coutume de son  nouveau pays. Au contraire la société d’aujourd’hui nage en plein brassage culturel. Par conséquent l’enfant issu de ces mélanges hérite à la fois du patrimoine culturel de sa mère comme celui de son père et tout ceci a des degrés variables. Ce qui est intéressant de voir maintenant ici, c’est comment ces mélanges vont donner naissance à un third culture kid, sans pour autant changer de pays. J’ai eu l’occasion de rencontrer une fille dont le parcours se rapprochait de ce profile, voici son histoire..

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lisa‘’ quand je suis en Belgique je me sens plus suédoise que belge et l’inverse quand je suis en Suède’’

Tout comme Victor, Lisa a été immergée pendant la majeure partie de sa vie dans une culture d’expat’ ‘’ à la maison il n’y a pas de culture qui domine plus qu’une autre ou du moins pas la culture belge, je ne connais pas bien l’Hymne national’’ me dit-elle avant de poursuivre ‘’mais sur le plan symbolique, je pense que la culture suédoise m’a beaucoup plus imprégnée, j’aime beaucoup la célébration de la Ste Lucia le 13 décembre, en hiver le soleil se couche tôt vers 2h en suède alors les gens marchent dans les rues avec des bougies pour guider et éclairer’’

13062583_10206542968834854_360487153_oPhoto de la procession

Un détail marquant de cette conversation est la facilité avec laquelle Lisa slalomait entre l’anglais et le français, au cours de son récit ‘’certaines personne n’aime pas quand je le fais mais je suis plus à l’aise en anglais” me dit-elle avant d’ajouter” j’ai un peu de mal avec l’argot français, jusqu’à il y a pas très longtemps je ne savais pas ce que signifiait flic’’. Un fait surprenant pour quelqu’un  supposé avoir vécu dans un pays francophone toute sa vie mais qui prend son sens quand on sait que Lisa a grandi dans le système éducatif Anglo-Saxon ‘’ l’anglais je l’ai appris à l’école, le flamand aussi, je parle d’ailleurs anglais avec mes sœurs, français avec ma mère et suédois avec mon père’’ Schizophrénie bonjour.

Ecouter ce type d’histoire est assez instructif dans le sens que l’on réalise qu’habiter dans le même pays et avoir la même nationalité n’est plus aussi significatif aujourd’hui, un passeport ne définit pas qui vous êtes. Dans l’ordre des choses, en habitant dans un pays, on se lie à ce dernier, sa culture, ses attraits et autre mais le brassage culturel a complètement change la donne. Et ce n’est pas le seul facteur responsable, en effet l’implantation d’école étrangère véhiculant d’autres idéaux peut impacter sur votre identité propre et  sentiment d’appartenance. Rappelons que l’enfance est la partie la plus importante de notre développement personnel. Ou on se forge une identité principalement par mimétisme en imitant son entourage, une tâche qui peut s’avérer plus compliquée si ceux qui vous entoure n’ont pas une mais plusieurs identités. Lisa le dira elle-même ‘’j’ai beaucoup été marquée par l’éducation américaine, on me demande d’ailleurs assez souvent si je ne suis pas de la-bas à cause de mon accent mais vivre en Angleterre a renforcé mon identité belge’’.

arbre‘’ par moment je me dis que ça aurait été bien d’être implanté dans un seul endroit avec une seule culture, mais pour être honnête je ne regrette rien car je pense que des gens comme  nous, sommes le futur’’

A la question ou te vois-tu dans 5 ans, Lisa me répondra de façon évasive sans évoquer d’endroit précis ‘’ je me vois travailler dans l’industrie musicale, peut être une boite comme Spotify ou Apple Music, j’aime beaucoup le milieu artistique, je trouve que c’est un des aspects qui manquent dans mon cours’’ ajoute-t-elle sur un ton déçu. ‘’Je n’ai pas de destination particulière, sûrement une grande ville comme Singapour, New York ou l’Australie, ma grande sœur y passe d’ailleurs 6 mois pour son année sabbatique’’.

Voyager en autre n’est pas un mot qui lui fait peur, ‘’j’ai pratiquement jamais passer un seul noël en Belgique, on le passe toujours à l’étranger” me raconte-t-elle” en Afrique du Sud, Vietnam, Laos etc…’’

Se poser ? Si c’était à refaire, j’aurais bien aimé être implante à un seul endroit avec une seule culture, on se sent plus protège, mais je suis aussi consciente que j’ai beaucoup de chance, pas tout le monde voyage comme je le fais. L’industrie recherche de plus en plus ce type de profile un peu international pour plus de flexibilité entre autre, on est encore peu aujourd’hui mais je pense que des gens comme nous sommes le futur, c’est ce vers quoi le monde se tourne avec la mondialisation’’

Victoria Ponsford.

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13062648_10206543882857704_56657516_oC’est lors d’une discussion avec Victoria que le terme Third Culture Kid m’a été présenté pour la première fois, à cette époque encore j’étais loin d’imaginer qu’il y avait un terme pour décrire cet état d’esprit. Par état d’esprit je parle la de  toute les émotions ou ressentis que cette expérience implique.

12822769_10206184853762201_1152157511_oJ’ai découvert ce jour-là une personne intéressante avec un long vécu derrière elle. Un peu difficile à retranscrire tant les noms des pays changent et reviennent d’une année à une autre sans réelle logique.

Je nous revois encore dans ce café, moi tentant désespérément de répéter dans le bon ordre chronologique toute ses différentes maisons. Mais vous savez il y a ce petit truc avec les TCK, leur demander d’où ils viennent équivaut a une longue traversée du désert vous vous rappelez que du début et de la fin.

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Pour la petite histoire, Victoria est une étudiante de 2e année en Politique et relation internationale, née à Madrid en Espagne de mère française et père moitie anglais moitie colombien, elle a grandi successivement en Espagne, Grèce, France, Dubaï, Chili avec des petits retours en arrière de temps à autre avant de finir en Angleterre. Je vous avais prévenu même le lire est un petit marathon. Enfin bon pour revenir à nos moutons, le terme TCK a fait surface dans notre conversation juste après que la question ‘’where is home ?’’ Soit évoquée. Victoria me confiait alors qu’il était absolument impossible pour elle de vraiment se prononcer sur le sujet ‘’ si on me demande d’où je viens, je dirais que je suis française du chili. Chili parce que mes parents y vivent actuellement, et française parce que j’y ai un peu vécu, j’ai la nationalité et quelque part aussi parce que c’est la culture qui a le plus prédomine a la maison dans nos déplacement successif mais je ne pense pas que cela définit qui je suis’’. Une remarque qui ne devrait plus trop vous surprendre après la lecture de ces quelques profils, et je tiens à citer que l’Angleterre n’a été a aucun moment évoquer, pourtant avec sa double nationalité anglaise, tout semble indiquer que victoria est enfin de retour à la maison.

avion-voyage-vacance-ciel-air-images-photos-gratuites-1560x1036Victoria Ponsford”mes parents se sont rencontrés dans l’avion, c’était écrit.”

Autre partie mémorable de cette conversation, la rencontre de papa et maman Ponsford ‘’ ma mère vivait a paris au tout départ, après ses études de médecine elle a décidé de bifurquer et devenir hôtesse de l’air. C’est d’ailleurs la sur le vol Paris Caracas que mes parents se sont rencontres, ma mère était de service ce jour-là, elle lui a fait une blague sur les consignes de sécurité que mon père n’a d’ailleurs pas trouver des meilleurs goûts mais bon 21 ans plus tard, je suis là’’  me raconte-t-elle sur un ton rieur. Et c’est de cet amour du voyage, qu’est née un third culture kid, histoire plus ou moins prévisible quand on y repense. Pourtant comme je l’ai déjà dit on ne naît pas dans cet état d’esprit, on le devient (je sais cette phrase fait un peu penser à la citation de Simone de Beauvoir…), et même ce dernier détail varie d’une personne à l’autre, victoria m’appuieras elle-même en donnant l’exemple de son frère ‘’ mon petit frère contrairement à moi est et se sent avant tout français’’.

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Quand je parle de Dubaï, ses yeux s’illuminent ‘’ c’est l’un des endroits où je me suis sentie le plus en phase, c’est une ville très internationale, j’ai eu la chance d’évoluer dans un univers d’expat’ ou tout le monde venait d’ici et là, c’était une expérience vraiment enrichissante. C’est d’ailleurs la bas que j’ai vraiment commencé à parler anglais a l’instar de savoir parler l’arabe.’’. Mais l’anglais et le français ne sont pas ses seules langues vivantes ‘’ je parle aussi Espagnol via mes grands-parents, petite je passais tous mes étés en Colombie ce qui m’a permit de capter un peu de la culture latine au fil du temps, même si à ce jour on me voit plus comme une touriste qu’une locale’’. Un fait très courant chez les third culture kid qui souvent, une fois revenue sur leur supposée pays d’origine sont perçues comme des étrangers. Enfin à la question où te vois-tu dans 5 ans, sa première réponse sera une simple interjection sans appel ‘’oulala !!’’ Avant de citer New York et Londres mais dans le meilleur des cas quelque part posée de façon permanente‘’j’aimerais avoir mon petit chez moi et ne plus en bouger’ ’me confie-t-elle.

Alexandra Christendl.

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Et vous, ou vous verrez vous dans 5 ans ? Quel continent ? Asie, Europe, Afrique, Moyen orient ? Le plus loin possible ? Quelque part ou vous avez jamais été ? Personnellement je dis toujours Madagascar surtout en période d’exams.Mais si alors vous aviez déjà fait tous les continent où iriez vous? Bon, affaire peu probable me direz-vous. Pourtant l’impossible devient possible quand on écouté le parcours d’Alexandra Christendl avec qui j’ai eu l’occasion d’en discuter entre deux cours au creux d’un canapé au Level 2 de la BU.  Mais partons du commencement, en  entendant le nom Christendl, qui selon vous aurez eu la présence d’esprit d’imaginer qu’une jolie eurasienne  se nichait derrière ce nom ? personne ou sinon peu de gens. Ce détail peut paraitre futile mais pour moi il est la preuve d’un changement, mais surtout d’une transition. Au jour d’aujourd’hui avec le brassage culturelles, un nom bien que porteur d’une histoire ne définit plus forcément ton identité ou ethnicité. Alexandra me le confirmera elle en me confiant l’incapacité qu’ont les gens à mettre un nom sur ses origines, ce que je ne blâme, le mixte Autriche-Chine n’aurait pas été non plus mon premier choix.

13078263_10206543063637224_41818885_oAlexandra à Cafe Jacob  (Bath, Mars 2016)

Je la retrouvais donc un Jeudi après-midi entre deux cours au niveau 2 de la BU, assise sur un canapé de façon tout à fait casual.

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Comme beaucoup de TCK, Alexandra a été amené à bouger à cause du travail de ses parents, notamment celui de son père pour qui Alexandra porte une très grande admiration ‘’ c’est l’une des personne qui m’a le plus inspiré dans ma vie, c’est un bosseur, il est très dévoué à son travail, il est manager d’hôtel c’est en partie pour ça qu’on a été emmené à bouger’’. Bouger, le terme parait bien léger quand on sait qu’Alexandra a déménagé plus de 6 fois. ‘’J’ai vécu en Thaïlande, , aux émirats unis, en Egypte, a Dubai, à Vienne et maintenant Singapour’’ me dit-elle, en résumé les 5 continents. Et quand arrive la question sur l’identité culturelle, alexandra est sans appel, ‘’ je pense être un mixte de tout mais avant tout si on me demande je répondrais chinoise et autrichienne’’.‘’ je ne parles pas très bien l’autrichien’’ se désole-t-elle d’ailleurs, ‘’mais j’adore ce pays, en partit parce que j’y ai habitée à un age ou j’étais plus indépendante, donc j’ai pu voir les choses de moi-même, c’est une très belle vie, les gens y sont solidaires. Solidarité, un mot qui reviendra très souvent dans la discussion, et plus encore quand Alexandra parle de son séjour en Egypte, pays auquel elle est reste très attachée ‘’ la révolution de 2011 m’a beaucoup attristée, car contrairement aux images reçues les égyptiens sont un peuple très chaleureux et ont un système d’entraide incroyable. Ça me désole qu’avec toutes les frasques survenues récemment, les médias mettent ainsi toute une civilisation dans le même sac du fait de leur religion.’’ Apres l’amalgame, notre discussion converge lentement sur ethnicité.

13062766_10206543066477295_1380752169_o”je suis fiere de porter ce patrimoine et de pouvoir le montrer au monde”

La conversation se prolonge et on aborde alors les cliches et les stéréotypes. Chose plausible car alexandra contrairement a Victor ou encore Victoria, a les traits typés des femmes asiatique, ce dont elle est actuellement très fière ” je sais que beaucoup de personne pourraient se sentir blesser par ce type de remarques, moi elles ne me touchent pas ” se confie-t-elle d’une part parce que je suis fière de mon patrimoine, fière de pouvoir le montrer au monde, d’autre part car la différence devrait être vécu comme une richesse et non un poids”.

13073029_10206543666012283_937163120_oPassage anecdotique : un garçon m’a demandé un jour si en Egypte, on allait a l’école dans les pyramides #NOJOKE

De son expérience alexandra n’en tire que du bon en tire que du bon ‘’je pense qu’avoir voyagé autant m’a vraiment rendu plus tolérante sur la religion, l’ethnicité et autre, ça me fait toujours chaud au cœur de croiser un Égyptien a bath et pouvoir parler de lieux communs’’.

‘’ Alexandra ?’’

  • Oui

‘’ ou te vois tu dans 5 ans ?’’

  • Europe

FIN.

 

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